Miro, l'ado et moi...
| Journal d'un douanier |
Miro. Alors Miro.
Je n'étais pas très partante. Grande expo, queue, monde, et l'impression de connaitre déjà bien ce peintre.
Mais Dri. 14 ans. Je me suis dit que ça intéresserait l'ado, et que ce serait un chouette moment à partager avec lui.
Nous v'là partis pour Miro, donc.
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| Oiseaux et insectes |
Miro, pour moi, c'est ça (cf les 2 premières peintures) : des étoiles, des yeux, des ronds, tout un système de signes qui se baladent en apesanteur sur un fond bleu.
Un peintre souvent abordé en maternelle pour son côté graphique, naïf et amusant. Les enfants adorent !
Et bien non. Miro, c'est plus fort que ça. J'ai été cueillie par le bonhomme. Miro (1893-1983), c'est un condensé de l'histoire de la peinture, mais c'est aussi l'histoire d'un homme engagé dans les luttes de son temps.
Il commence par des peintures fauvistes, enchaîne sur le cubisme, passe, par le détaillisme, fait un détour par le symbolisme, peint des paysages imaginaires, se renouvelle avec des techniques modernes (la masonite). C'est aussi un sculpteur et un céramiste de talent.
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| Le sentier |
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| La ferme de Mont-roig |
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| L'oiseau se niche sur les doigts en fleurs |
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| Céramique- Aéroport de Barcelone |
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| Autoportrait 1919 |
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| Autoportrait 1937 |
Sa peinture est un espace de renouvellement et de contestation , elle témoigne aussi d'un engagement poétique et politique fort.
Arrivé en France dans les années 20, Miro se lie avec les de nombreux poètes et écrivains, qui entendent créer un nouveau langage, le surréalisme : M. Leiris, G. Bataille, L. Aragon, P. Eluard, A. Artaud...
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| Miro, poète |
A partir des années 1930, Miro s'inquiète de la montée des fascismes. Il commence un cycle de "peintures sauvages", peuplées de figures aux faciès grimaçants. La peinture prend matière, elle semble carbonisée (goudron, bitume, graviers...).
Je termine par le triptyque qui m'a le plus émue dans l'exposition. Il prend sa source à un événement tragique : en 1974, le régime franquiste exécute par "garrottage" l'étudiant anarchiste catalan Salvador Puig Antich.
"Sur des fonds blancs troublés par des giclures, des coulées, une ligne noire épaisse, qui évoque le profil d'un visage, se déploie sans jamais se refermer. De toile en toile, son évolution est remarquable de simplicité.Celle-ci se réduit à la mesure de la vie et de l'espoir du condamné. La tâche colorée passe du rouge sang au bleu et au jaune, de l'extérieur à l'intérieur de la ligne", commente Jean-Louis Prat. Miró lui-même avait rétrospectivement évoqué son triptyque en ces termes: "Il y a des années, sur une grande toile, j'avais peint un petit trait blanc ; sur une autre, un trait bleu. Et puis un jour c'est venu... au moment où on a garrotté ce pauvre garçon, catalaniste. Je sentais que c'était ça. Je l'ai terminé, sans le savoir, le jour où il a été tué".
Je trouve que ces toiles sont très représentatives de l'engagement pictural, poétique et politique de Miro.
Bref, cette expo m'a permis de rencontrer Miro, l'homme, qui talonne toujours de très près le peintre, Miro, lui-même n'étant jamais loin du Miro poète.
Trois hommes en un!
Si ça vous dit, laissez un p'tit message! Merci:)
Rétrospective Miro au Grand Palais
Jusqu'au 4 février 2019











Brillant !
RépondreSupprimerCommentaire objectif s'il en est, ah ah:)
SupprimerNan, nan. Il a pas tord!
SupprimerTrès intéressant ! Pourtant "fan" de Miro tu me l'as offert sous un nouveau jour !
RépondreSupprimerRohhhhh!! Merci Emi, t'es vraiment mimi toi:))))))
Supprimersuper peintre
RépondreSupprimersuper ado
super mère
donc super blog
Ravie de ce premier pas dans ton cabinet de curiosités. J'étais en train de renoncer à l'idée de faire une queue interminable pour retrouver Miro, mais du coup...
RépondreSupprimerT'embrasse.
Merci Caro pour ce partage, envie d'y aller maintenant, ce que je ferai en rentrant! Je t'embrasse en attendant, Juliette
RépondreSupprimerAprès avoir lu ton blog faudrait être miro pour ne pas voir que c'est une belle expo...! bises et bravo Jérôme
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